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Milestone
Critique

Overdose assurée : « Screamer » est aussi brillant qu’étourdissant

Rainer Etzweiler
23/3/2026
Traduction : Rose-Hélène Moquet

Après une pause de trois décennies, le studio italien Milestone relance sa franchise « Screamer » avec un look anime, des commandes à deux joysticks et une difficulté à revoir.

En commençant Screamer, je m’attendais à retrouver une vibe à la Burnout, peut-être un peu d’action comme dans Split/Second et, idéalement, l’accessibilité d’un Forza Motorsport. En bref : un simple jeu d’arcade.

J’aime autant vous dire que je me suis trompé ! Screamer est un jeu de course aussi complexe qu’exigeant, qui m’enthousiasme autant qu’il me dépasse. Avec ce nouveau titre, le développeur Milestone nous propose un enchevêtrement de mécanismes avec des commandes exotiques et une courbe d’apprentissage hésitante qui m’a fait râler plus souvent qu’un ado jouant à Fortnite.

Mais commençons par le commencement.

30 ans à fond la caisse

Voilà trois décennies que le studio italien Milestone nous fournit des jeux de course solides, et parfois bons comme Ride, MotoGP ou encore WRC. En parallèle, le studio s’est également essayé à des jeux moins axés sur la simulation : la série Hot Wheels Unleashed propose une adaptation amusante des petites voitures et Monster Jam Showdown saura ravir ceux qui aiment les véhicules qui en jettent.

C’est en 1995 que Milestone, à l’époque nommé Graffiti, développe son premier jeu de course : Screamer. Aujourd’hui, le reboot n’a que peu de points communs avec son prédécesseur, à l’exception des quatre roues et d’un niveau de difficulté plus corsé. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un œil aux graphismes.

Un anime sur quatre roues

Ce jeu de course se présente dans une esthétique d’anime très stylisée réalisée par le studio japonais Polygon Pictures, qui s’est notamment fait connaître avec Ghost in the Shell 2, Knights of Sidonia et l’anthologie Netflix Love, Death & Robots.

En 2017, le studio a également sorti une nouvelle série télévisée autour du plus grand héros suisse de tous les temps : Pingu.

Dans Screamer, les Japonais ont mis en scène environ 40 minutes d’animations haute qualité pour le mode histoire. Appelé « Tournoi », il présente l’histoire de cinq équipes de course différentes qui se disputent une récompense de 100 billions. Parmi eux, une troupe d’idoles pop, un groupe de mercenaires et, pour une raison que le jeu ne dévoile pas, trois astronautes. Ah, et il y a aussi un Corgi. Ça y est, je suis convaincu, 10/10.

Le meilleur personnage du jeu.
Le meilleur personnage du jeu.
Source : Milestone

Ici, pas de personnage principal. L’histoire est racontée à tour de rôle du point de vue de 15 coureurs.

15 pilotes, pas de protagoniste

Screamer s’efforce de donner à chaque personnage assez de présence à l’écran. Ça fonctionne bien, mais pas assez pour masquer la piètre qualité du storytelling.

90 % de l’histoire se déroule dans des cadres plutôt statiques où les personnages s’expliquent pourquoi ils sont en conflit les uns avec les autres. Les dialogues dégénèrent parfois, mais sans jamais vraiment dire quelque chose. Les flash-back et séquences de rêve maladroitement placés finissent de complètement chambouler l’intrigue.

Beaucoup de blabla, peu de contenu.
Beaucoup de blabla, peu de contenu.
Source : Milestone

J’ai également noté une grande différence de qualité dans la sonorisation. Si Troy Baker (voix de Joel dans The Last of Us) fait un travail impeccable, d’autres donnent plus l’impression de participer à une séance d’impro d’un club d’anime.

Le gameplay arrivera-t-il à combler les faiblesses de l’histoire ?

Double joystick, écho, boost...

Screamer remet complètement en question ce que l’on pensait savoir sur les jeux de course. Le concept de pilotage repose sur deux joysticks : le gauche dirige, le droit contrôle l’angle et l’intensité de la dérive. Plus on l’incline, plus le virage est agressif et plus la perte de vitesse est importante. Mais ce changement radical par rapport aux commandes habituelles n’est pas la seule chose qui distingue Screamer de la concurrence.

Dérapage Akira !
Dérapage Akira !
Source : Milestone

La véritable astuce réside dans le système « écho » que Screamer a emprunté aux beat’em up comme Street Fighter. La barre d’énergie écho en haut de l’écran se divise en deux parties : « synchro » et « entropie ».

Pour faire augmenter la partie synchro, il faut conduire de manière propre, bien gérer ses changements de vitesse et se positionner dans le sillage des adversaires. Lorsqu’elle est pleine, elle peut être utilisée pour booster la vitesse ou servir de bouclier. Ces deux éléments génèrent à leur tour de l’entropie, la monnaie de combat du jeu. Elle permet d’abattre les véhicules adverses en utilisant « Strike » ou « Overdrive », le super-mouvement du jeu qui transforme votre véhicule en un monstre sur roues fauchant absolument tout ce qui se trouve sur son passage.

Avec Overdrive, rien ne vous résiste.
Avec Overdrive, rien ne vous résiste.
Source : Milestone

Screamer a également réinventé la manière dont les gains fonctionnent. Outre les courses classiques où il faut franchir la ligne d’arrivée en premier, de nombreux défis supplémentaires sont également proposés : remporter une victoire par équipe (ce qui suppose que vos deux camarades IA soient performants), envoyer un adversaire précis dans l’au-delà...

Vous trouvez que ça fait beaucoup ? Et encore, vous n’avez pas tout vu.

Valse des véhicules

Screamer est un jeu difficile qui exige une connaissance précise de chaque mécanisme et la réactivité d’un pilote d’avion de chasse sous pression. Ce ne serait pas un problème en soi si le mode histoire ne m’imposait une voiture différente pour chaque course. À peine ai-je le temps de m’habituer à un véhicule que l’on me met déjà derrière le volant suivant.

La conduite change parfois en fonction des personnages et je dois constamment modifier mes changements de vitesse, réadapter mes drifts à l’éjection arrière et réapprendre à anticiper les distances de freinage. C’est énervant et démotivant, parce que je n’ai pas l’impression de m’améliorer.

Vos adversaires sont toujours sur vos talons.
Vos adversaires sont toujours sur vos talons.
Source : Milestone

Autre problème : le niveau de difficulté déséquilibré. Je dois bien m’y reprendre à 20 fois pour réussir certaines courses. En même temps, le jeu de course auquel j’ai le plus joué ces cinq dernières années est Mario Kart 8. Alors quand je joue à un jeu aux mécaniques de simulation approfondies, je suis à peu près aussi à l’aise que ma mère si elle devait rédiger une dissertation sur le mème « 6-7 ».

Mais lorsque, une fois arrivé au dernier tiers du jeu, j’oscille toujours entre « réussir du premier coup » et « balancer la manette de frustration », je suis bien obligé de constater qu’il y a un problème quelque part.

Ma manette a mangé le sol. Mon absence de sang-froid me coûtera peut-être la caution de mon logement.
Ma manette a mangé le sol. Mon absence de sang-froid me coûtera peut-être la caution de mon logement.
Source : Rainer Etzweiler

Addendum : Milestone est conscient du problème de la difficulté. Le service de presse a promis une mise à jour pour améliorer l’équilibre et rendre le mode Tournoi plus équitable. Celle-ci n’était malheureusement pas encore disponible à l’heure où j’écris ces lignes.

Le jeu me donne certes de nombreuses options pour adapter la difficulté à mes capacités, mais je déplore un vrai manque de cohérence.

Pack rétro

Si l’histoire et le gameplay présentent des lacunes évidentes, Milestone a tout donné au niveau de l’envergure. Le mode Arcade propose de très nombreux défis : courses avec checkpoints, time attacks, chasses Overdrive et bien plus encore.

Pour chaque course terminée, vous débloquez des personnages, du nouveau matériel (cosmétique) pour les véhicules et des circuits supplémentaires. À une époque dominée par les microtransactions et les DLC, c’est un bon rappel des jeux d’autrefois. Un écran partagé à quatre joueurs vient compléter le pack.

Il y a énormément de contenu à débloquer.
Il y a énormément de contenu à débloquer.
Source : Milestone

À qui s’adresse ce jeu ?

Milestone avait une vision claire et l’a menée à bien sans faire de concessions. Respect. Encore faut-il savoir à qui le jeu s’adresse. Screamer se positionne comme un jeu de course d’arcade, mais y ajoute tellement de mécanismes que les amateurs du genre seront sûrement aussi perdus que je l’étais. Quant aux fanas de simulation, pas sûr qu’ils soient prêts à se farcir du drama d’anime et des éléments de jeux d’action juste pour prendre le volant.

Je ne doute pas qu’il existe des joueurs et joueuses qui sauront apprécier Screamer, mais je ne sais pas s’ils seront aussi nombreux que ce que le développeur espère.

Si vous avez envie de tenter l’aventure, armez-vous de patience et au lieu de jeter votre manette, suivez les conseils du grand collectif de poètes allemands Tokio Hotel :

« Crie, même si ça fait mal / Crie aussi fort que tu peux »

(D’ici là, j’attends encore un nouveau Burnout).

« Screamer » est disponible depuis le 27 mars sur PC, PS5 et Xbox Series X/S. J’ai testé la version PS5 qui m’a été mise à disposition par Milestone.

Bilan

Ça fait beaucoup

« Screamer » a été fait avec le cœur. Il suffit de regarder n’importe quelle interview avec les développeurs pour voir à quel point toutes les personnes impliquées sont heureuses de travailler sur ce projet. On retrouve leur euphorie dans le jeu.

Le système écho est intelligent, l’aspect visuel fort et l’envergure de taille. En revanche, les véhicules imposés, la courbe de difficulté chancelante et le mode histoire qui tape sur les nerfs s’avèrent décevants. Les idées sont bonnes, mais n’ont pas toutes été poussées jusqu’au bout. On se retrouve avec un jeu de course style anime dont l’ambition finit par gâcher le potentiel.

Pro

  • design visuel
  • système écho
  • très nombreux items à débloquer
  • écran partagé à quatre joueurs
  • bande-son avec quelques pépites
  • nombreuses options de commande pour les gamers et gameuses handicapés

Contre

  • changement forcé de véhicule en mode « Tournoi »
  • courbe de difficulté déséquilibrée
  • trop de dialogues et pas assez de profondeur dans l’histoire
  • trop de mécanismes sans introduction en douceur
Milestone Screamer (PS5, DE)
Jeu vidéo
−11%
Nouveau
EUR63,66 avant EUR71,37

Milestone Screamer

PS5, DE

Photo d’en-tête : Milestone

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Au début des années 1990, mon frère aîné m’a légué sa NES avec le jeu « The Legend of Zelda», déclenchant ainsi une obsession qui perdure encore aujourd’hui.


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Quels sont les films, séries, livres, jeux vidéos ou jeux de société qui valent vraiment la peine ? Recommandations basées sur des expériences personnelles.

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