
Test de produit
On1 Photo RAW : meilleur que prévu
par David Lee

Le développeur RAW Capture One vaut amplement ses 300 francs suisses ou euros.
Capture One est considéré comme le principal concurrent d’Adobe Lightroom. Cela se reflète dans son prix : en abonnement, le logiciel coûte un peu plus cher que Lightroom (15,75 francs suisses ou 19,33 euros en avril 2026). Contrairement à Adobe, Phase One propose également son développeur RAW sous forme d’achat unique, ce qui constitue pour beaucoup un avantage décisif, même si le prix (299 euros ou 369 francs suisses) peut rebuter.
Mon test vise à déterminer si son prix élevé est justifié et à comparer les performances de Capture One à celles de Lightroom et d’autres solutions moins coûteuses.
Importer les 13 000 photos de mon SSD externe plutôt lent prend moins de quatre minutes, ce que je trouve tout à fait acceptable. Capture One met beaucoup plus de temps à générer les aperçus, mais cela se fait en arrière-plan et uniquement lorsque c’est nécessaire. Après tout, ce n’est pas bien grave si toutes les vignettes ne sont pas encore disponibles au début.
L’importation d’images peut être effectuée avec un aperçu, ce qui permet de faire un premier tri. Capture One propose un affichage groupé des images similaires, très utile pour les prises de vue en rafale.

Capture One peut même importer des catalogues Lightroom en reprenant les paramètres de retouche de base ainsi que les notes et les mots-clés. Génial ! Mais lors du développement, Capture One ne reprend que les valeurs de correction d’exposition, de contraste et de saturation. L’image est donc complètement différente de celle de Lightroom et devra être entièrement retravaillée pour pouvoir être exportée depuis Capture One. Au moins, le recadrage et la rotation ont déjà été effectués, ce qui réduit la charge de travail.
L’exportation se déroule sans accrocs. Du renommage à la retouche, en passant par l’ajout et la suppression de métadonnées : tout y est. On peut enregistrer ses propres paramètres et exporter les images de plusieurs façons (par exemple en résolution pleine et réduite) en une seule opération.
Dans le champ de recherche, on peut saisir mots-clés, fragments de noms de dossiers ou encore données EXIF. Il existe également une fonction de recherche avancée proposant d’innombrables critères pouvant être combinés. La recherche s’avère aussi rapide que la gestion des images, et ce même avec de grosses collections.

Dans l’ensemble, je trouve la gestion des images performante et bien supérieure à celle des développeurs RAW Photomator, On1 Photo RAW et Luminar que j’ai également testés. Dans Lightroom, l’affichage avant/après offre davantage d’options, comme le partage horizontal et le double affichage. Chez Capture One, il n’y a qu’un bouton marche/arrêt et un affichage comparatif divisé verticalement. J’avoue que les boutons « Précédent » et « Suivant » ainsi que la possibilité d’annuler les réglages d’affichage me manquent un peu. Mais bon, je chipote.
Capture One n’a pas été conçu de la même manière que Lightroom, mais j’ai tout de même réussi à me familiariser rapidement avec le système et je n’ai rencontré pratiquement aucun problème lors de mon utilisation. Le logiciel bénéficie d’une conception logique et structurée, et l’interface a été bien traduite en français (ce qui n’est pas le cas sur On1 ou Luminar).
La bibliothèque fait partie des nombreux onglets qui ouvrent différentes palettes, ou ensembles de paramètres. Par défaut, on trouve par exemple des onglets pour la mise en forme, le style et les personnalisations. Capture One peut toutefois être personnalisé en fonction de vos préférences et de vos besoins. Je peux modifier les palettes à ma guise, afficher des onglets ou en créer, déplacer les boutons de la barre d’outils ou les remplacer par d’autres... Les raccourcis clavier peuvent également être personnalisés. Cerise sur le gâteau : l’interface personnalisée peut être enregistrée comme environnement de travail et réactivée à tout moment via une commande du menu.

Ma bonne impression se confirme lors du traitement des images. Que ce soit au niveau du volume ou de la qualité des fonctionnalités, on est clairement sur une approche à la fois simple et efficace. On sent que Capture One est un logiciel abouti, fruit d’un véritable travail de fond. Parmi toutes les alternatives à Lightroom que j’ai testées, c’est la première que je pourrais envisager d’utiliser de manière productive. En m’amusant avec ce logiciel, j’apprécie les résultats obtenus et je peux les orienter précisément dans la direction que je souhaite.
Comme lors de mes tests précédents, je procède à une retouche automatique sur une photo prise à contre-jour et présentant de très forts contrastes. Je peux ainsi déterminer ce que la retouche automatique doit corriger ou non. Ici, j’ai choisi l’exposition, les nuances de gris, le HDR et la balance des blancs.
La correction de la luminosité est bonne, mais la balance des blancs est trop froide à mon goût. Le ciel est certes d’un beau bleu, mais les couleurs des rails ne me plaisent pas. Pour corriger cela, je peux utiliser la balance des blancs ainsi que l’outil « Balance des couleurs ». Je peux ainsi régler individuellement les ombres, les tons moyens et les hautes lumières.
Je n’ai pas l’habitude de travailler avec des préréglages tout prêts, mais je sais que beaucoup apprécient de pouvoir le faire. Capture One propose de nombreux préréglages qui, contrairement à ceux de beaucoup de concurrents moins chers, sont vraiment utiles. Il est également possible de choisir une photo de référence et Capture One en déduira un style que vous pourrez enregistrer ou appliquer à d’autres images en décidant quels paramètres seront utilisés.

La correction de perspective de Capture One propose une fonction automatique assez pratique, mais dont le résultat n’est pas toujours parfait. Lightroom ne fait pas franchement mieux et de nombreux produits concurrents font encore pire.
Sur certains points, Capture One devance même Lightroom, par exemple avec ses calques. Il suffit d’un clic pour transformer les négatifs en positifs. La gestion des fichiers RAW de la gamme Fujifilm X a longtemps été considérée comme un atout. Le filtre RVB de ces appareils photo présente une disposition des sous-pixels différente de celle des autres capteurs d’appareil photo. Cela peut entraîner l’apparition d’artefacts, en particulier lorsque la netteté a été excessivement renforcée. Le problème a toutefois été réglé dans la version actuelle de Lightroom. Pour que l’effet soit visible dans la photo ci-dessous, j’ai dû régler la netteté au maximum.


Capture One a également réussi à rattraper le retard qu’il avait sur Lightroom et est désormais capable d’assembler automatiquement des séries d’expositions et des photos panoramiques.
La sélection automatique du ciel par reconnaissance IA fonctionne moins bien que dans Lightroom. Capture One dispose d’une fonction de masquage par IA, mais sur un cliché complexe comme celui-ci, elle ne parvient pas à masquer l’ensemble du ciel d’un simple clic. L’outil « Pinceau magique » me permet cependant d’y arriver en un temps record.

En matière de reconnaissance automatique des paysages par l’IA, Capture One devance généralement Lightroom. Pour les portraits, les deux logiciels proposent des fonctionnalités similaires. J’utilise un menu déroulant pour choisir quelles parties du corps je souhaite masquer automatiquement. Lors de mon test, cela a fonctionné aussi bien qu’avec Lightroom.


Pas d’IA pour la réduction du bruit, qui s’avère tout de même satisfaisante.
Capture One coûte cher, mais constitue une véritable alternative de qualité à Lightroom. Si les développeurs RAW tels que Photomator, PhotoRAW ou Luminar Neo sont nettement moins performants que le logiciel d’Adobe, ce n’est pas le cas de Capture One. La gestion des images offre tout le nécessaire et fonctionne à grande vitesse. La retouche de fichiers est très efficace et inclut toutes les fonctionnalités essentielles.
Pour ce qui est des fonctionnalités IA, Lightroom garde un léger avantage, notamment pour les photos de paysage, mais Capture One dispose aussi de fonctionnalités que Lightroom ne propose pas, comme les calques ou la possibilité de définir une image de référence pour le style. Son interface est personnalisable à volonté.
Le gros avantage par rapport à Lightroom, c’est que Capture One est disponible sous forme d’abonnement ou en achat unique avec possibilité de mise à niveau.
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Contre
Mon intéret pour l'informatique et l'écriture m'a mené relativement tôt (2000) au journalisme technique. Comment utiliser la technologie sans se faire soi-même utiliser m'intéresse. Dans mon temps libre, j'aime faire de la musique où je compense mon talent moyen avec une passion immense.
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