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Point de vue

« Final Fantasy VII Remake » : le temps des versions Switch impossibles est révolu

Domagoj Belancic
22/1/2026
Traduction : Martin Grande

Avec la Switch 2, Nintendo a enfin lancé une console capable de rivaliser avec sa génération. Des portages ambitieux comme « Final Fantasy VII Remake » laissent présager un bel avenir pour les éditeurs tiers.

Depuis le lancement de la Wii (2006), Nintendo s’est retirée de la coûteuse course à l’armement technologique de la guerre des consoles. Au lieu de grands progrès graphiques, l’entreprise japonaise fait mouche en favorisant depuis lors les innovations et les gadgets. La Switch se situe au cœur de la stratégie « Blue Ocean » de Nintendo. Cette console hybride portable s’apprête à devenir la console la plus vendue de tous les temps.

Cependant, le renoncement à une technologie de pointe présente un inconvénient majeur. Depuis environ 20 ans, les fans de Nintendo se passent de sorties AAA d’éditeurs tiers graphiquement exigeantes sur leurs consoles.

Avec la Switch 2, ce problème traditionnel de Nintendo semble disparaître. Des portages de jeux comme Star Wars Outlaws, Assassin’s Creed Shadows et Final Fantasy VII Remake sorti aujourd’hui prouvent que la petite console-tablette peut rivaliser avec les poids lourds de salon de chez Sony et Microsoft.

Et ce n’est que le début.

Cette capture d’écran de « Final Fantasy VII Remake » provient de la version Switch 2 et non de la version PS5.
Cette capture d’écran de « Final Fantasy VII Remake » provient de la version Switch 2 et non de la version PS5.
Source : Square Enix

L’ère des impossibles versions Switch 1

Pour comprendre pourquoi l’accueil actuel des éditeurs tiers et la qualité des portages sur la Switch 2 sont si exceptionnels, il vaut la peine de jeter un œil en arrière sur la Switch 1.

La première console hybride de Nintendo était déjà techniquement obsolète lors de son lancement en 2017. Elle contenait un processeur NVIDIA Tegra X1, qui ne pouvait même pas rivaliser avec les smartphones de l’époque.

En conséquence, la prise en charge des jeux d’éditeurs tiers était rare, du moins dans le domaine AAA. Les jeux graphiquement exigeants qui tournent sur PS4 ou Xbox One ne peuvent être portés sur le matériel obsolète de Nintendo soit pas du tout, soit uniquement avec un effort considérable.

Ce que de nombreux développeurs ont réussi à tirer de ce vieux matériel ressort du miracle, à l’instar d’« Ace Combat 7 » de Bandai Namco.
Ce que de nombreux développeurs ont réussi à tirer de ce vieux matériel ressort du miracle, à l’instar d’« Ace Combat 7 » de Bandai Namco.
Source : Domagoj Belancic

C’est à cette époque qu’est né le terme anglais « impossible ports », désormais établi dans les milieux du gaming. Il s’agit de portages en principe impossibles de jeux AAA graphiquement complexes qui, grâce à de la magie noire (je ne peux me l’expliquer autrement), fonctionnent sur la Switch.

Chaque impossible port était alors accompagné d’un écho médiatique massif et célébré par la presse spécialisée comme s’il s’agissait d’un premier pas sur la Lune.

Un grand pas pour l’humanité, ou quelque chose comme ça. « Doom Eternal » sur Switch.
Un grand pas pour l’humanité, ou quelque chose comme ça. « Doom Eternal » sur Switch.
Source : Bethesda

Parmi les impossible ports les plus notables figurent notamment :

  • Doom (2017)
  • Wolfenstein II : The New Colossus (2018)
  • The Witcher 3: Wild Hunt (2019)
  • Doom Eternal (2020)
  • The Outer Worlds (2020)
  • Hogwarts Legacy (2023)
  • Kingdom Come : Deliverance (2024)

En examinant certains jeux de cette liste, on comprend rapidement pourquoi ces portages sont qualifiés d’impossibles. De nombreux titres ont dû être réduits visuellement jusqu’à la limite de la méconnaissance. C’est le cas par exemple de The Witcher 3. Parmi les compromis, nous pouvons compter une distance d’affichage fortement réduite, une complexité et une densité d’objets réduites, des textures et des cinématiques compressées ainsi qu’un taux de rafraîchissement qui oscille souvent en dessous de la barre des 30 fps.

S’ajoute à cela la résolution extrêmement basse allant jusqu’à 540p en mode portable et maximum 720p en mode TV. Particulièrement sur un écran plus grand, le magnifique monde de The Witcher se transforme en un mélange flou.

Le portage n’a plus qu’un vague rapport avec l’identité visuelle de l’original.

Comme si j’avais oublié mes lunettes : « The Witcher 3 » sur Switch.
Comme si j’avais oublié mes lunettes : « The Witcher 3 » sur Switch.
Source : GameXplain / YouTube

Outre les compromis visuels, certains portages doivent subir d’autres réductions. Ainsi, dans Doom ou The Outer Worlds, de grands objets sont placés dans le monde du jeu pour restreindre la vue du joueur. La structure en monde ouvert de Hogwarts Legacy doit même être divisée sur la Switch avec des temps de chargement entre les différentes zones, pour éviter que la console n’explose. C’est un vrai défi pour Nintendo et les développeurs de jeux.

Ces portages sont techniquement impressionnants. Chapeau aux équipes de développement. Je ne recommanderais toutefois à personne de jouer à un jeu comme Kingdom Come : Deliverance sur Switch si d’autres options lui sont disponibles.

Impressionnant, mais pas beau : « Kingdom Come : Deliverance » sur Switch.
Impressionnant, mais pas beau : « Kingdom Come : Deliverance » sur Switch.
Source : Warhorse Games

La tech Switch 2 ne casse pas des briques non plus

À l’heure d’aujourd’hui, Nintendo réalise enfin le rêve de nombreux fans : une Switch plus grande et surtout plus puissante, ce qui ne signifie pas pour autant que la Switch soit « de pointe ». Nintendo reste à l’écart de la course à l’armement technologique qui, grâce aux consoles PC portables, est désormais également arrivée sur le marché du gaming mobile.

L’intérieur de la Switch 2, selon le jeu « Nintendo Switch 2 Welcome Tour ».
L’intérieur de la Switch 2, selon le jeu « Nintendo Switch 2 Welcome Tour ».
Source : Domagoj Belancic

La console contient une puce spéciale (T239) développée en collaboration avec NVIDIA. La technologie de fabrication n’est pas au niveau le plus récent et le plus efficace avec 8 nm. Les puces haut de gamme actuelles dans les smartphones sont fabriquées en 3 nm. Le processeur reste moyen par rapport aux appareils mobiles performants. Le GPU est basé sur l’architecture NVIDIA Ampere, qui a déjà cinq ans.

Malgré ces limitations, la Switch 2 coche de nombreux points importants pour le développement et le portage de jeux modernes, marquant un avantage décisif par rapport à la Switch 1. La console hybride de Nintendo dispose d’une bande passante mémoire suffisamment large pour les jeux actuels et de plus de RAM que sa prédécesseuse, prend en charge les techniques graphiques modernes comme le ray tracing et maîtrise également l’upscaling par IA avec une version DLSS spécialement conçue pour le matériel.

En bref : même si la Switch 2 n’atteint pas les appareils haut de gamme actuels (qui coûtent souvent plusieurs fois plus cher), la console portable semble pérenne contrairement à la Switch 1.

La Switch 2 est bonne, comme le montre « Assassin’s Creed Shadows » d’Ubisoft.
La Switch 2 est bonne, comme le montre « Assassin’s Creed Shadows » d’Ubisoft.
Source : Domagoj Belancic

« Final Fantasy VII Remake » et Cie : des moments d’émerveillement

Plusieurs studios ont déjà prouvé que la petite tablette de Nintendo avait du répondant, avec des portages impressionnants de jeux actuels, à l’instar de Final Fantasy VII Remake, qui sort aujourd’hui.

Oui, je sais. À proprement parler, il s’agit d’un titre PS4. Cependant, la version Switch 2 est basée sur la version PS5, qui arrive avec quelques améliorations graphiques, dont plus de détails et une meilleure luminosité.

Si, si, la capture d’écran provient de la version Switch 2, pas de la PS5.
Si, si, la capture d’écran provient de la version Switch 2, pas de la PS5.
Source : Square Enix

Lorsque je vois le jeu pour la première fois sur l’écran de la Switch 2, je m’émerveille. En effet, Final Fantasy VII Remake a presque aussi belle allure sur la petite Switch 2 portable que sur ma PS5 surpuissante.

Certes, certaines textures ne sont pas aussi nettes que sur la console de salon de Sony. La distance d’affichage est également meilleure sur la PS5, tout comme la fréquence d’images et la résolution. Cela dit, ces compromis sont supportables et n’affectent pas significativement l’identité visuelle du titre. Rien à voir avec les coupes brutales qui ont mutilé des jeux comme The Witcher 3 sur la première Switch.

Même en mode TV sur mon Samsung OLED de 83 pouces, le jeu a belle allure grâce à l’upscaling. Fini le temps de l’horrible bouillie 720p. Vive le DLSS.

Rien à voir avec les portages impossibles d’antan.
Rien à voir avec les portages impossibles d’antan.
Source : Domagoj Belancic

Les portages Cyberpunk 2077, Assassin’s Creed Shadows et Star Wars Outlaws m’ont également convaincu. Ces trois titres illustrent que la Switch 2 maîtrise également les adaptations de jeux en monde ouvert modernes, sans concessions majeures.

Le dernier portage mentionné mérite d’être particulièrement souligné. Avec « Star Wars Outlaws », Ubisoft a en effet réussi à implémenter le ray tracing accéléré matériellement pour la lumière, les ombres et les reflets dans la version Switch 2.

Je vous laisse savourer cette information un petit instant. Du ray tracing, dans un immense jeu en monde ouvert. Sur une tablette Nintendo qui ne consomme que 10 watts en mode portable, alors que les consoles de salon en engloutissent plus de 200. Il s’agit là d’un véritable coup de maître.

Je n’arrive pas à croire qu’« Outlaws » a si belle allure sur la Switch 2.
Je n’arrive pas à croire qu’« Outlaws » a si belle allure sur la Switch 2.
Source : Domagoj Belancic

Ce n’est que le début

Le premier semestre du cycle de vie de la Switch 2 laisse entrevoir un bel avenir pour les éditeurs tiers. Un regard sur le calendrier des sorties 2026 est également optimiste. Celui-ci se remplit progressivement de jeux AAA de haut niveau d’éditeurs tiers.

Resident Evil Requiem, Pragmata, 007: First Light, High on Life 2 et Indiana Jones and the Great Circle ne sont que quelques exemples de nouvelle génération dont les graphismes époustouflants trouvent leur chemin vers l’hybride de Nintendo. Pour la Switch 2, « impossible » n’est pas français.

Chez Digital Foundry (en anglais), l’optimisme est également au beau fixe après une longue conversation avec Ubisoft sur le portage Switch 2 d’Assassin’s Creed Shadows dans laquelle « de nombreux autres portages Switch 2 exigeants » dans cette génération de consoles ont été évoqués, notamment parce que la Switch 2 est directement prévue comme plateforme cible pour de nombreux futurs titres multiplateformes. Les optimisations laborieuses ultérieures sont ainsi supprimées. Les jeux sont optimisés dès le départ pour la Switch 2, afin de tirer encore plus de la puce de la petite console.

« Resident Evil » revient chez Nintendo. Cela rappelle les bons souvenirs de l’époque de « Resident Evil 4 ».
« Resident Evil » revient chez Nintendo. Cela rappelle les bons souvenirs de l’époque de « Resident Evil 4 ».
Source : Capcom

Combien de temps la Switch 2 maintiendra sa situation inhabituelle par rapport aux éditeurs tiers ? Après tout, les indices s’accumulent que Sony arrivera déjà avec la prochaine PlayStation en 2027 ou 2028.

Si la génération de consoles actuelle (PS5, Xbox Series X/S) nous donne quelques indices, les fans n’ont pas encore besoin de s’inquiéter. Après tout, la cinquième année de la PS5 assiste encore à des sorties des mêmes jeux sur la PS4. Avant que n’apparaissent de véritables exclusivités next-gen qui ne fonctionneront pas sur la Switch 2 malgré son usage évident de magie noire, un peu d’eau devrait encore couler sous les ponts.

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Ma passion pour les jeux vidéo s'est éveillée au jeune âge de cinq ans avec la Gameboy originale et a grandi à pas de géant au fil des ans.


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