
En coulisse
Ce sécateur est une légende
par Darina Schweizer

La combinaison idéale selon Sarah Hartmann ? Un look rétro associé à une technologie moderne. C’est précisément ce qu’incarne la collection qu’elle vient de lancer avec le lunettier suisse Viu.
Sarah Hartmann façonne un monde à son image, c’est-à-dire haut en couleur. Elle repeint sans hésiter tout ce qui n’est pas rose, bleu ciel ou jaune beurre. C’est ainsi que cette Berlinoise d’adoption est parvenue, malgré un budget très limité, non seulement à s’offrir son tout premier appartement de rêve, mais aussi à rassembler, au passage, une communauté fidèle sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, plus de 450 000 fans la suivent sur Instagram pour la voir donner une seconde vie aux meubles, en fabriquer elle-même, créer des services à café en verre et, depuis peu, dessiner des lunettes.
Sarah a lancé les modèles « The Charlie » et «The Nova» le 1er avril (non, ce n’est pas un poisson d’avril) avec le fabricant suisse de lunettes Viu. Lors d’un agréable appel vidéo (sur fond rose, bien sûr), elle m’a raconté comment cette collaboration est née, ce qui définit pour elle une bonne paire de lunettes et quels sont ses prochains projets.
Celles et ceux qui te suivent sur Instagram savent que les lunettes de vue et de soleil font partie intégrante de ton look signature. Tu es allée jusqu’à dédier l’un de tes meubles, le « Wavy Shelf », au rangement des lunettes. D’où vient cette passion ?
Pour moi, les lunettes sont comme un prolongement de soi. Elles sont souvent la première chose que l’on remarque chez quelqu’un, et elles révèlent immédiatement un peu de sa personnalité. Dans mon cas, il est sans doute clair que je parle fort, que je suis créative et visuellement audacieuse. J’ai tellement de lunettes à la maison qu’il fallait bien que je leur consacre une étagère.

De plus, j’ai travaillé plusieurs années dans différents magasins d’optique à partir de 2018, ce qui m’a permis de développer une véritable proximité et un lien particulier avec ce produit. Je rêvais déjà en secret à l’époque d’avoir ma propre collection, sans imaginer qu’un jour cette opportunité deviendrait réalité.
La rencontre avec Viu : ils sont venus te voir de manière totalement inattendue ?
Oui, j’ai d’ailleurs eu du mal à y croire ! Notre première réunion remonte à presque un an maintenant, c’était en mars 2025.
Ta collection est désormais disponible à la vente. Tout est allé hyper vite !
Ces deux modèles existaient déjà chez Viu. « The Charlie » faisait déjà partie de l’assortiment, tandis que « The Nova » n’était encore qu’un prototype. Le processus aurait sinon pris beaucoup plus de temps et le garder secret pendant un an m’a déjà demandé énormément d’efforts. Bien sûr, ce n’est pas comme si je n’avais pas aussi esquissé quelques designs. Après tout, on ne sait jamais…
« The Charlie » et « The Nova » ont-ils d’emblée réussi l’ultime test d’ambiance de Sarah Hartmann ?
« The Charlie » s’est imposé comme un choix évident dès le départ : je l’ai porté pendant des mois et c’était exactement ce que je recherchais. Il ne lui manquait plus que la touche Sarah Hartmann, à savoir, de la couleur. Ce que j’aime chez « The Nova », c’est sa forme légèrement en œil de chat et sa monture large. C’est là que les couleurs et les motifs sont particulièrement mis en valeur.
Pour les lunettes de soleil, je trouve qu’on a bien le droit d’oser un peu plus.

Le fait que la plupart des gens portent des lunettes assez basiques et discrètes te désole-t-il ?
Non. D’après mon expérience dans le conseil en vente, je sais que beaucoup de personnes préfèrent des lunettes « classiques » et intemporelles pour des raisons professionnelles ou liées à leur situation personnelle. Il est vrai que lorsque je réalisais, au fil de nos échanges, que des lunettes discrètes ne correspondaient pas du tout à leur personnalité et qu’elles auraient en réalité préféré porter un modèle plus tendance ou plus original, je trouvais cela un peu dommage.
À quoi fais-tu attention lorsque tu achètes une nouvelle paire de lunettes, ou, dans ton cas, souvent une paire d’occasion ?
D’une manière générale, le design rétro des années 50, 60 et 70 m’inspire beaucoup ! C’est également le cas pour tout ce qui est déco d’intérieur. On sent tout simplement à quel point la qualité des matériaux et le design étaient appréciés à l’époque. Les montures des lunettes étaient souvent plus épaisses, ce qui, à mes yeux, est synonyme de grande qualité. Malheureusement, cela se fait souvent au détriment du confort. Les modèles modernes sont bien plus agréables à porter. Ce que je préfère, c’est donc le meilleur des deux mondes : un design rétro associé à une technologie moderne, avec des montures en plastique et de l’acétate léger.
L’upcycling, c’est-à-dire le fait de transformer et valoriser des objets anciens ou usagés, traverse ta vie et ton travail comme un véritable fil rouge. Qu’est-ce qui te plaît tant dans le fait de redonner vie à ces vieux objets ?
Je viens d’une famille d’artisans, du moins, du côté de ma mère. Ils ont même participé à la construction de la maison de mes parents. Pour ma part, l’upcycling est né, en fait, d’une simple nécessité. Mon premier emploi à Berlin ne me laissait pas le moindre budget pour acheter des meubles sympas, même pas chez Ikea. Je voulais quand même faire de mon appartement un lieu propice à l’inspiration. Et qu’est-ce qu’on trouve en abondance à Berlin ? Des objets abandonnés dans la rue ou que l’on peut récupérer gratuitement un peu partout. J’avais quand même encore assez d’argent pour m’acheter de la peinture et des pinceaux. Du coup, libre à moi de suivre la philosophie : si je ne peux pas avoir une chaise rose, je la peins en rose moi-même. Un avantage non négligeable est bien sûr de pouvoir utiliser les ressources déjà disponibles et de ne pas avoir à acheter quoi que ce soit de nouveau.
J’aime tout simplement être entourée de formes et de couleurs qui éveillent mon esprit.
Il y a certaines choses qu’il vaut mieux faire soi-même : tu as lancé la « Wavy Shelf » en août 2024, et on trouve désormais aussi des bandanas et de la verrerie dans ta boutique. Y a-t-il déjà un autre produit « Haus of Hart » en préparation dont nous pouvons nous réjouir ?
Ouiii ! Après l’aluminium et le verre, nous avions envie d’explorer de nouveaux matériaux. Et puis, nous avons une immense table en forme de fleur dans notre studio. Nous avons d’ailleurs reçu énormément de commentaires à ce sujet. Bien sûr, elle n’est pas très maniable et tout le monde n’a certainement pas autant de place chez soi. Nous avons donc décidé de le commercialiser dans une version plus petite. Attends, j’ai préparé quelque chose. (Sarah tend une fleur rouge vers la caméra.) Une planche à découper. Exactement la même forme, mais une toute nouvelle catégorie : un gadget pour la cuisine. Je veille à ce que chacun de nos produits ait une véritable utilité.

Ooh, à partir de quand la planche sera-t-elle disponible à la vente ?
À partir du 3 mai.
Comment pourrions-nous rendre notre vie encore un peu plus colorée et plus belle ? As-tu une astuce à partager ?
Mon véritable plaisir dopamine, c’est de m’acheter souvent de grands bouquets de fleurs aux mille couleurs. Ça peut paraître banal, mais j’adore ça. C’est vraiment le moment que je préfère dans la journée, quand je vois les fleurs commencer à éclore. De plus, cela m’aide à vivre l’instant présent, car les fleurs ne durent qu’un temps. C’est ainsi que j’apprends à prendre le temps de m’arrêter et à profiter de ce que je suis en train de vivre. Je ne sais pas de quoi sera fait demain.
Bien dit ! Mais revenons une toute dernière fois aux lunettes. Y a-t-il quelque chose que tu as découvert durant ta formation d’opticienne et que tout le monde devrait connaître ?
Alors, la première chose qui me vient à l’esprit, c’est : nettoyez vos lunettes ! Des traces de doigts aux véritables couches de laque, j’ai trouvé vraiment étonnant de voir combien de personnes se promènent chaque jour avec des verres complètement sales et se résigner simplement à ce que leur vision soit altérée. Pourtant, la vue est un sens si important.
C’est parti pour ton mini-tuto pour nettoyer ses lunettes !
N’utilisez jamais ces lingettes humides, elles rayent le revêtement. Le mieux est encore de passer vos lunettes sous l’eau tiède, d’appliquer un peu de liquide vaisselle dégraissant sur les verres, de les nettoyer délicatement avec les doigts, de les sécher avec du papier essuie-tout, puis de les polir à l’aide d’un chiffon en microfibre. C’est tout !
Merci, Sarah 🩷

Les montures de la collection Viu × Sarah Hartmann sont disponibles dans toutes les boutiques Viu ainsi que sur shopviu.com. Les lunettes de soleil sont disponibles à partir de 235 francs suisses, et les modèles avec correction à partir de 265 francs suisses.
Toujours prête pour de la bonne musique, des voyages mémorables et pour boire.
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