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Sony Bravia 9 Mark II / Luca Fontana
Test de produit

Test du Sony Bravia 9 Mark II : l’incroyable révolution du RVB

Luca Fontana
24/7/2026
Traduction : Marie-Céline Berthou

Depuis des années, l’OLED est considéré comme la référence absolue. Mais le Bravia 9 Mark II de Sony remet sérieusement en question cette hégémonie. Le nouveau rétroéclairage RVB offre une qualité d’image qui fait hésiter même les inconditionnels de l’OLED comme moi.

Pour info : la version 65 pouces de la Bravia 9 Mark II a été mise à ma disposition par Sony. Le fabricant n’a cependant aucune influence sur le résultat de ce test, mon opinion et le processus de test.

Tous les téléviseurs LCD sont équipés d’un rétroéclairage qui éclaire les pixels et détermine la luminosité, le contraste et la fidélité des couleurs de l’image. Sur les téléviseurs mini LED classiques, ce rétroéclairage est constitué de LED bleues. Leur lumière est ensuite convertie en blanc pur par une couche de points quantiques, puis des filtres de couleur divisent à nouveau cette lumière blanche en rouge, vert ou bleu. C’est comme ça que se forment les couleurs que nous voyons.

Le Bravia 9 Mark II de Sony n’est toutefois pas un téléviseur mini LED ordinaire, mais un mini LED RVB. Son rétroéclairage remplace les LED bleues par des sous-LED rouges, vertes et bleues, chacune pouvant être commandée individuellement. La couleur ne se forme donc plus devant le rétroéclairage, mais à l’intérieur de celui-ci. C’est ce que Sony appelle « True RGB ». Et si vous pensez que ce n’est qu’un truc marketing, vous vous trompez lourdement.

Cette technologie n’est d’ailleurs pas une exclusivité Sony. Hisense, Samsung, même LG, tous ont leur propre version de la technologie mini LED RVB. Mais Sony a mené des recherches jusqu’à ce que sa technologie soit suffisamment aboutie pour être qualifiée de « True RGB ». Ce n’est pas un hasard. La différence par rapport à la concurrence réside dans l’algorithme de détection, que l’ingénieur en rétroéclairage Akiyama Hideki qualifie de « mission la plus difficile de toute ma carrière chez Sony ». Contrairement à ce que font les concurrents, cet algorithme permet de surveiller et de contrôler en temps réel les sous-LED rouges, vertes et bleues.

Je crois que je commence à comprendre.

Je veux comprendre ce que ça change dans la pratique en m’appuyant sur des mesures, des scènes de référence et une comparaison directe avec les meilleurs téléviseurs de 2025 et le modèle précédent de Sony, le Bravia 9. Cet excellent téléviseur mini LED présentait hélas un défaut majeur : la fidélité des couleurs et la couverture de l’espace colorimétrique étaient inférieures à celle des concurrents OLED. Sony n’a pas voulu en rester là et compte bien y remédier avec le Bravia 9 Mark II.

Design : style classique avec illusion d’optique

D’un point de vue purement esthétique, Sony reste fidèle à soi-même en 2026 et pourtant, cette fois-ci, quelque chose a changé. Le Bravia 9 Mark II abandonne les emblématiques pieds latéraux et les remplace par un socle central en verre sous l’écran. Et ce socle a un petit plus.

Le verre est traité de manière à réfléchir la lumière verticale au lieu de la laisser passer. Tout ce qu’on devrait voir à travers le pied (comme un méli-mélo de câbles) est totalement invisible. Le téléviseur semble flotter au-dessus du meuble, comme s’il captait l’électricité dans l’air ambiant. Ce n’est qu’en contournant le téléviseur par le côté que l’illusion s’évanouit.

Dans la pratique, rien ne change. L’espace entre le bord inférieur de l’écran et le meuble permet d’y loger la plupart des barres de son. Et contrairement aux anciens pieds latéraux, ce socle peut également se poser sur des meubles plus petits. Un petit détail qui fait toute la différence, c’est typique de Sony.

Passons aux caractéristiques techniques du Sony Bravia Mark II :

  • 4 ports HDMI 2.1, dont un avec eARC
  • 2 ports USB-A
  • 1 sortie pour Toslink
  • 1 port LAN
  • 1 connecteur CI
  • des connexions pour antennes (DVB-T/T2, DVB-C, DVB-S/S2)
  • Bluetooth 5.3
  • Wi-Fi 6 / WiFi 6E
  • Chromecast intégré
  • Apple AirPlay et Apple HomeKit

Les quatre entrées HDMI prennent en charge les technologies HLG, HDR10 et Dolby Vision. Seul le HDR10+ fait défaut, mais son adoption reste pour l’instant très marginale. La fonction Passthrough de Dolby Atmos et DTS:X est très appréciable. Nouveauté : le Wi-Fi 6E, qui utilise la bande de fréquences de 6 GHz et garantit des connexions plus stables dans les réseaux très encombrés.

Mesures : une précision record absolue

*Le paragraphe qui suit entre dans les détails. Les mesures avec l’outil professionnel de Portrait Display (site en anglais) permettent un classement objectif de la qualité d’image. Si vous n’êtes pas féru de détails et de diagrammes, vous pouvez sauter cette partie et aller directement au chapitre « L’image : le LCD défie l’OLED et se rapproche dangereusement ».

Venons-en aux mesures. J’ai mesuré tous les modes d’écran du téléviseur sans faire d’étalonnage, tel qu’il est configuré à la sortie de l’emballage. Je n’ai apporté qu’une seule modification aux paramètres :

  • Mouvement : dans « Motion Flow », j’ai réglé le « Mode film » sur « Faible » afin que l’image soit plus fluide et moins saccadée.

Contre toute attente, ce n’est pas le mode Dolby Vision de Sony qui a obtenu les meilleurs résultats, mais son mode Professional. Et ce, avec un écart tellement énorme que j’ai décidé de tout regarder dans ce mode, même les contenus Dolby Vision. C’est inhabituel, voire presque hérétique, mais pourquoi renoncer aux valeurs de référence si un mode les fournit d’emblée ?

En revanche, pour jouer, continuez à utiliser le mode jeu à cause de la latence en entrée.

Luminosité maximale

Les personnes qui mesurent le Bravia 9 Mark II pour la première fois auront une petite surprise. La luminosité maximale dans les petites zones d’image (donc là où les téléviseurs mini LED se distinguent généralement) est étonnamment modérée en mode « Professional ». Elle est même plus faible que sur le Bravia 8 Mark II, un téléviseur OLED qui, en principe, devrait afficher une luminosité plutôt faible. Cela peut être perçu comme une faille, mais il n’en est rien.

C’est en effet un choix délibéré de Sony. Si on règle la luminosité au maximum sur de petites zones de l’image, on risque d’obtenir des zones claires surexposées et une balance des blancs faussée. L’image apparaît alors d’une luminosité impressionnante, mais n’est plus correcte. En mode Professional, Sony adopte une approche différente : la luminosité maximale est moindre, mais elle reste élevée et constante sur l’ensemble de l’écran (967 cd/m² !). Et c’est justement là que réside toute l’astuce.

Alors que les téléviseurs OLED doivent fortement réguler la luminosité sur les grandes surfaces pour éviter tout risque de « burn-in », le Bravia 9 Mark II maintient la luminosité à un niveau qu’aucun téléviseur OLED ne parvient à atteindre, même sur la moitié ou la totalité de l’image. Le contraste qui en résulte donne presque l’impression d’un écran OLED, mais « inversé », puisque c’est la luminosité qui en est à l’origine et non le noir.

Balance des blancs, couleurs et nuances de gris

Il y a des choses qui ne changeront sans doute jamais chez Sony : le naturel des couleurs, les nuances précises et une image au rendu neutre. Ici, le terme « précis » ne lui rend même pas justice, comme vous allez le voir. Commençons par la balance des blancs.

Le blanc apparaît à l’écran lorsque le rouge, le vert et le bleu s’allument simultanément dans des proportions parfaitement équilibrées. Si ce rapport n’est pas correct, une dominante de couleur apparaît : le blanc devient trop froid, trop chaud ou trop verdâtre. La balance RVB du Bravia 9 Mark II montre à quel point il parvient à maintenir cet équilibre avec une grande précision sur toutes les plages de luminosité. Aucun canal ne domine, aucun n’est à la traîne et toutes les valeurs ne s’écartent que de 1 % de la valeur de référence.

L’axe des ordonnées indique l’écart par rapport à la valeur de consigne, exprimé en pourcentage. Un écart maximal de 5 % au-dessus ou en dessous de l’objectif de 100 % est considéré comme acceptable. L’axe des abscisses indique la luminosité de l’écran, exprimée en pourcentage.
L’axe des ordonnées indique l’écart par rapport à la valeur de consigne, exprimé en pourcentage. Un écart maximal de 5 % au-dessus ou en dessous de l’objectif de 100 % est considéré comme acceptable. L’axe des abscisses indique la luminosité de l’écran, exprimée en pourcentage.

Analysons maintenant la couverture de l’espace colorimétrique :

  • Rec. 709 : 100 % (bon = 100 %), c’est-à-dire l’espace colorimétrique standard pour les contenus SDR comme la télévision en direct, les DVD et les Blu-ray.
  • DCI-P3 : 99,81 % (bon = >90 %), c’est-à-dire l’espace colorimétrique standard pour les contenus HDR, par exemple en HDR10 ou Dolby Vision.
  • BT.2020 : 88,61 % (bon = >90 %), un espace colorimétrique considéré comme l’avenir. Les contenus actuels y ont rarement recours.
À gauche, la couverture DCI-P3 du Bravia 8 Mark II. À droite, la couverture BT.2020.
À gauche, la couverture DCI-P3 du Bravia 8 Mark II. À droite, la couverture BT.2020.

Sony tire donc presque le maximum en matière de couverture de l’espace colorimétrique. Le fait que le Bravia 9 Mark II n’atteigne pas tout à fait les 90 % visés pour l’espace colorimétrique BT.2020 n’est pas grave. Même l’OLED RGB Tandem de LG n’a atteint « que » 76 % dans ce domaine, ce qui reste tout de même un niveau élevé pour un téléviseur haut de gamme. Seul le S95F de Samsung a dépassé l’objectif, avec 91,39 %.

Reste encore la question de la fidélité des couleurs, c’est-à-dire la précision avec laquelle le téléviseur restitue chaque couleur. En mode Professional, le Bravia 9 Mark II affiche une valeur Delta E qui n’a rien à envier aux autres : 1,9 ! L’ancien Bravia 9 affichait un score de 4,07 en mode Dolby Vision, soit un résultat à peine inférieur à la note maximale acceptable de 5. Le Bravia 8 Mark II de Sony atteignait 3,76, le G5 de LG 2,29.

Pour mettre les choses en perspective : un DeltaE inférieur à 3 n’est perceptible que par les spécialistes et est donc déjà considéré comme excellent. Le calibrage permet d’essayer de faire descendre cette valeur en dessous de 2. Le Bravia 9 Mark II y parvient tout aussi bien, et ce, sans calibrage de ma part. Incroyable !

Reflets

On ne peut pas mesurer directement les reflets, mais on les voit. Sauf sur le Bravia 9 Mark II 2 où ils sont à peine perceptibles. En effet, Sony intègre pour la première fois une couche antireflet mate dans un téléviseur LCD. Jusqu’à présent, cette technologie était l’apanage du S95F de Samsung, le seul téléviseur OLED à bénéficier de ce traitement.

Le principe est le même : la lumière n’est pas réfléchie, mais diffusée largement. Au lieu de voir des sources de lumière ponctuelles à l’écran, la lumière se répartit de manière si uniforme que l’on n’y voit aucun reflet. Une fenêtre à l’arrière, un plafonnier au-dessus du canapé, la lumière de l’après-midi en biais : le Bravia 9 Mark II gère tout cela sans sourciller.

On en connaît déjà l’inconvénient avec le S95F : dans les environnements très lumineux, les noirs perdent un peu de leur intensité et semblent plus ternes. Sur un téléviseur LCD, dont le niveau de noir ne peut de toute façon pas rivaliser avec celui d’un OLED, cela n’a toutefois guère d’importance. Vous n’aurez à faire ce compromis que si la lumière ambiante est éblouissante et, dans un tel cas, vous serez de toute façon content de ne pas avoir un mur recouvert de miroirs.

L’image : le LCD défie l’OLED et se rapproche dangereusement

Voilà pour la théorie. Mais à quoi servent des valeurs DeltaE parfaites si l’image ne me convainc pas ? C’est l’heure du test pratique.

Outre le Bravia 9 Mark II, j’ai testé trois autres téléviseurs dans les mêmes conditions : son prédécesseur direct, le Bravia 9, ainsi que mes deux favoris de l’année dernière, le G5 de LG et le Bravia 8 Mark II de Sony. Deux téléviseurs mini LED, deux OLED. Mini LED classique contre True RGB, LCD contre OLED. Qui fournira la meilleure image ?

Si vous avez manqué les critiques des autres TV, vous les trouverez ici :

Rendu des couleurs

Quelles sont les différences entre ces quatre modèles en matière de rendu des couleurs ? Je choisis encore des scènes de Gardiens de la Galaxie Vol. 2, d’Avatar : The Way of Water et de James Bond : Skyfall, des poids lourds visuels aux couleurs vives, aux ambiances lumineuses subtiles et aux tons chair sophistiqués.

Source : Blu-ray UHD, « Les Gardiens de la Galaxie, Vol. 2 » – Disney+, « Avatar : The Way of Water » – Apple TV+, « James Bond : Skyfall »

Commençons par la comparaison la plus frappante : l’ancien Bravia 9 face au Bravia 9 Mark II. La différence est visible à l’œil nu et correspond exactement aux résultats des mesures. Que ce soit avec la peau de Drax dans Les Gardiens de la Galaxie 2 ou les visages des Na'vi dans Avatar, une légère teinte jaune s’installe un peu partout sur l’ancien Bravia 9, donnant à l’image un aspect peu naturel. Dans Skyfall, c’est l’inverse : l’ancien Bravia 9 paraît trop froid.

Comparé aux deux écrans OLED (le G5 de LG et le Bravia 8 Mark II de Sony), le Bravia 9 Mark II reste fidèle à son style : il offre des couleurs plus froides, plus sobres et moins flatteuses. Le G5 rend le palais d’Ego plus doré, la jungle d’Avatar plus verte et le visage de Bond empreint d’une chaleur nostalgique. Ce n’est peut-être pas tout à fait exact, mais c’est indéniablement beau. Le Bravia 8 Mark II se situe entre les deux. Si les deux écrans OLED dégagent tant de chaleur et d’émotion, c’est tout simplement grâce à leur technologie. Mais le Bravia 9 Mark II obtient un résultat similaire avec une dalle LCD. C’était totalement impensable il y a encore 2 ans.

Niveaux de noir et gradation lumineuse

Comment ces quatre téléviseurs se comportent-ils dans les scènes de film particulièrement sombres ou extrêmement lumineuses ? J’opte ici pour des scènes de Blade Runner 2049 et Jurassic World : Fallen Kingdom, deux films qui poussent les ombres, la luminosité extrême et les contrastes à leurs limites.

Source : Blu-ray UHD, « Blade Runner 2049 » / « Jurassic World ».

Sur les scènes sombres, la différence entre LCD et OLED, bien que prévisible, reste énorme. Le G5 et le Bravia 8 Mark II de Sony plongent Sapper Morton et l’agent K dans une obscurité presque totale dans Blade Runner 2049 : les silhouettes se confondent avec l’arrière-plan, les détails se perdent. Le Bravia 9 Mark II éclaircit légèrement les ombres et met ainsi davantage en valeur la texture du mur, la cuisinière et le coin cuisine. Qui a « raison » ? Je pense que c’est une question de goût. Pour moi, Blade Runner fonctionne grâce à l’obscurité et à ce que l’on y devine.

La situation s’inverse lors de scènes lumineuses. Sur Jurassic World : Fallen Kingdom, le Bravia 9 Mark II brille davantage, le soleil est plus éclatant et l’avion se détache plus nettement sur le ciel du soir. Les OLED donnent un rendu plus tamisé, mais aussi plus doux et plus cinématographique dans les tons orangés du coucher de soleil. C’est l’ancien Bravia 9 qui se rapproche le plus du Mark II ici, même s’il affiche l’habituelle teinte jaune, qui rend la scène plus chaude, mais moins fidèle à la réalité.

Local dimming et blooming

Depuis des années, je ne facilite pas du tout la tâche aux téléviseurs avec mon test local dimming. Cette fois-ci, la comparaison va du téléviseur 8K de LG sorti en 2020 et le Bravia 9 Mark II, retraçant ainsi l’histoire d’une technologie qui a fait d’énormes progrès en six ans.

Source : Blu-ray UHD, « Westworld », saison 2, épisode 2. Timestamp : 00:11:50.

Sur le LG, le « blooming » (ces halos lumineux caractéristiques qui apparaissent lorsque des objets clairs brillent sur un fond sombre) était presque insupportable. Le QN95D de Samsung a apporté une amélioration notable et le QN900D a presque entièrement supprimé l’effet de blooming.

Mais c’est le Bravia 9 de Sony, sorti il y a deux ans, qui l’a complètement éliminé, malgré son grand écran de 75 pouces. Et le Bravia 9 Mark II alors ? Pas de blooming non plus, alors même qu’il dispose d’un peu moins de zones de dimming par pouce que son prédécesseur. C’est grâce à la technologie mini LED RVB : comme le rétroéclairage s’allume dans la bonne couleur et non dans un blanc éblouissant, la lumière résiduelle inévitable est à peine perceptible à l’œil nu et peut être mieux bloquée par les écrans LCD.

Un processeur irréprochable ou presque

Parlons maintenant du processeur, c’est-à-dire le cerveau de la télévision. Son rôle principal consiste à recevoir des signaux d’images, à les traiter et à les afficher. Il reconnaît donc la mauvaise qualité d’image et cherche à l’améliorer. Pour cela il élimine par exemple le bruit, renforce les couleurs, lisse les bords, rend les mouvements plus fluides et ajoute d’éventuelles informations manquantes entre les pixels.

Motion processing et judder

Pour le test de judder, je me tourne de nouveau vers 1917de Sam Mendes. Avec ses longs travellings fluides, c’est le test idéal pour n’importe quel processeur. Observez bien les poutres en bois verticales de la grange : traversent-elles l’image de manière fluide ou le mouvement est-il saccadé ?

Source : Blu-ray UHD, « 1917 ». Timestamp : 00:42:25.

C’est là que j’ai ma première mauvaise surprise. Malgré des réglages d’image identiques, le Bravia 9 Mark II présente le « judder » le plus marqué des quatre téléviseurs. Si on met l’image en pause, on aperçoit les silhouettes fantomatiques des poutres, qui révèlent que le processeur intervient ici délibérément peu.

C’est sans doute la faute du mode Professional qui vise à restituer l’intention du réalisateur de la manière la plus fidèle possible. Un film de cinéma compte 24 images par seconde ; les puristes apprécieront, mais pas moi. LG reste mon préféré dans cette catégorie et affiche une image fluide à souhait, sans pour autant tomber dans l’effet soap opera. Sony adopte une ligne de conduite plus prudente, une approche qui plaira aux puristes mais pas aux autres.

Conversion ascendante

Passons maintenant à l’un des tests les plus exigeants. Dans quelle mesure le processeur peut-il améliorer des sources de moins bonne qualité – comme les Blu-rays plus anciens, la télévision en direct ou des séries telles que The Walking Dead ? Cette dernière a été délibérément filmée en 16 mm afin d’exacerber l’atmosphère post-apocalyptique par le grain de pellicule et le bruit d’image.

Source : Netflix, « The Walking Dead », saison 7, épisode 1. Timestamp : 00:02:30.

La comparaison la plus parlante est celle avec l’ancien Bravia 9. La version précédente présente un effet de surnetteté visible. Le visage de Negan semble presque trop « numérique », les contours sont trop marqués et les textures ont été retravaillées de manière trop agressive. Le Bravia 9 Mark II trouve un juste milieu plus naturel : une image nette et riche en détails, mais sans cet aspect artificiel qui saute immédiatement aux yeux lorsqu’on y regarde de plus près.

Comparé au Bravia 8 Mark II et au G5 de LG, le Bravia 9 Mark II se situe au même niveau, avec une philosophie d’image légèrement différente. Les deux écrans OLED rendent la barbe de Negan et les gouttes de sueur sur son front légèrement plus douces et plus chaudes. Le Bravia 9 Mark II offre un rendu plus froid et plus direct, avec des contours légèrement plus précis. Pour désigner un vainqueur, il faut vraiment prendre une loupe.

En résumé, quatre téléviseurs de très haut niveau, à une exception près : l’ancien Bravia 9 est nettement à la traîne sur la conversion ascendante. Cela témoigne des progrès réalisés par le Mark II.

Gaming : input lag et mode jeu

Parlons maintenant de l’input lag, c’est-à-dire le délai entre la saisie d’une commande sur la manette et la réaction à l’écran : avec l’appareil de mesure de Leo Bodnar (en anglais), j’obtiens 13,8 millisecondes sur le Bravia 9 Mark II en UHD, 60 images par seconde et avec HDR activé. C’est un bon résultat, mais c’est beaucoup plus long que sur le G5 de LG (9,7 millisecondes). Au moins, on ne dépasse pas la limite souvent citée des 20 millisecondes, à partir de laquelle on ressent vraiment les décalages.

  • 4 ports HDMI 2.1 (4K 120 Hz)
  • Auto Low Latency Mode (ALLM)
  • Fréquences d’image variables (HDMI Forum VRR, uniquement sur les ports HDMI 3 et 4)

En outre, Sony, comme Samsung, LG, Philips, TCL et Panasonic, a conclu un partenariat avec de nombreux grands studios de jeu, baptisé HGiG (site en anglais), HDR Gaming Interest Group. Selon le fabricant, cela devrait garantir un affichage HDR comme les développeurs de jeux l’ont prévu, comme ici avec Spider-Man 2 sur PlayStation 5 Pro.

Source : PS5 Pro, « Spider-Man 2 », mode 120 Hz, HDR, VRR et ray tracing activés.

Spider-Man se balance à travers New York à 120 images par seconde et le Bravia 9 Mark II suit chacun de ses mouvements – sans hésitation, sans flou ni traînée. Grâce à la technologie True RGB, les reflets générés par le ray tracing dans les flaques d’eau et les vitrines brillent d’une intensité chromatique que je n’aurais jamais imaginée sur un téléviseur LCD. Même lors de combats acharnés, avec des mouvements de caméra rapides et des éclairs HDR, l’image reste nette et réactive. Je ne vois tout simplement pas de latence en entrée. Mais si vous tenez à gagner quelques millisecondes, notamment dans le cadre de compétitions PvP, vous avez tout intérêt à vous tourner vers LG et Samsung.

Bilan

Le meilleur téléviseur LCD que j’aie jamais testé

Le Bravia 9 Mark II n’est pas juste un upgrade. C’est la réponse de Sony à une question que le secteur se pose depuis des années : la technologie LCD pourra-t-elle un jour rivaliser avec l’OLED ? Après ce test, je peux vous dire que oui. Du moins en ce qui concerne l’image.

La fidélité des couleurs et la balance des blancs sont tout simplement impressionnantes. Sans aucun calibrage, dès la sortie d’usine, elles atteignent un niveau que je n’avais vu que sur les écrans de référence professionnels. Le revêtement antireflet mat est une amélioration que j’attendais depuis longtemps, le blooming appartient au passé et la luminosité de l’écran surpasse celle de n’importe quel écran OLED disponible sur le marché. Le « True RGB » n’est pas une promesse marketing, c’est une réalité mesurable.

Il y a tout de même quelques petits bémols : le scintillement en mode Professional est perceptible et LG reste plus réactif en matière de latence en entrée. En outre, ceux qui cherchent une obscurité digne du cinéma seront tout de même plus heureux avec un OLED. Mais si vous recherchez une image précise, lumineuse et adaptée à un usage quotidien (donc pleinement satisfaisante à la lumière du jour), ce modèle est ce qui se fait de mieux en LCD actuellement.

Pro

  • fidélité des couleurs quasi parfaite à la sortie d’usine sans calibrage
  • luminosité surfacique élevée et constante qu’aucun écran OLED ne parvient à atteindre
  • couche antireflet mate enfin disponible sur un LCD
  • pas de blooming visible grâce au True RGB
  • conversion ascendante propre, excellent rendu SDR et HDR

Contre

  • le niveau de noir n’atteint pas celui d’un OLED
Photo d’en-tête : Sony Bravia 9 Mark II / Luca Fontana

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J’écris sur la technologie comme si c’était du cinéma – et sur le cinéma comme s’il était réel. Entre bits et blockbusters, je cherche les histoires qui font vibrer, pas seulement celles qui font cliquer. Et oui – il m’arrive d’écouter les musiques de films un peu trop fort. 


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